Obtenir la nationalité japonaise, mon expérience (partie 1)

Obtenir la nationalité japonaise, mon expérience (partie 1)

De retour sur le blog après 18 mois de pause ! 
Merci d’avoir continué à lire Béné no Fukuoka ! durant ce labs de temps.

Il y a quelques mois j’évoquais sur Instagram ma décision de prendre la nationalité japonaise.  Après 12 ans obtenir la nationalité est la suite logique de mon parcours au Japon.

Je n’ai pas encore les résultats, je suis actuellement dans la dernière phase des démarches,  mais je voulais relater ici mon expérience et  le déroulement de la procédure vu qu’il n’y a pas, à ma connaissance, un article en français qui en parle.

Sur ce, faisons un saut dans le temps, direction l’année 2021. Mon choix, mûrement réfléchi, de prendre la nationalité japonaise est arrêté. Je décide donc d’entamer les démarches.

La première consultation (mai 2021)

Après avoir pris rendez-vous par téléphone, je me présente au bureau des affaires juridiques de Fukuoka.
Le fonctionnaire en face  de moi commence par me donner un prospectus sur la naturalisation où sont listées les conditions pour obtenir la nationalité japonaise : 

Remplissant tous les critères, il m’annonce que je peux postuler pour obtenir la nationalité japonaise et me demande si je suis d’accord pour entamer les démarches ce à quoi je réponds oui, bien évidemment, je suis là pour ça après tout.

Il me pose alors une série de questions : mon historique au Japon, ma famille française, mon mari, nos enfants, mon travail, si j’ai déjà commis des infractions, etc.
En se basant sur mes réponses et ma nationalité, il coche les documents que je devrais présenter pour la confection de mon dossier. Sur une liste de 50 je dois en présenter 14 ce qui l’étonne car c’est très peu. 

La liste des documents à fournir diffère selon les personnes mais voici ceux qui m’ont été demandés : 

*et leur traduction en japonais
** car j’étais en congé parental au moment de ma demande.

L’entretien se termine, je repars avec la liste et une petite carte avec un numéro de dossier afin de prendre rendez-vous pour la deuxième consultation, une fois tous les documents réunis.

La deuxième consultation (janvier 2023)

La grossesse puis la naissance de mon second bébé, en plus de la difficulté pour me procurer depuis l’étranger un certificat de nationalité française (c’était vraiment la plaie ! Il a fallu batailler avec le tribunal ainsi que l’ambassade de France au Japon, plus jamais😵‍💫) fait que j’ai laissé de côté pendant plus d’un an les démarches de naturalisation. Quand je téléphone pour prendre rendez-vous en septembre 2022, on m’annonce que le prochain créneau disponible est en janvier. 

Le nouvel an passe et le jour de mon entretien arrive. Le fonctionnaire vérifie les documents un à un et comme tout est ok il me donne le véritable dossier de demande de nationalité à remplir d’ici la prochaine consultation. Il est composé de :

J’ai également quelques documents supplémentaires à fournir comme une copie de nos livrets de comptes bancaires (pour voir nos économies), un certificat de travail et un certificat de résidence. 

La troisième consultation (avril 2023)

Mon (énorme) dossier sous le bras je me présente au rendez-vous. Le fonctionnaire, le même que la dernière fois, vérifie tout soigneusement et, soupir de soulagement, tout est en ordre !

Je passe alors dans une autre pièce où m’attend le chef de la section nationalité ainsi que celui qui prend le relais de mon dossier. Ils revérifient à deux tous mes documents tout en me posant des questions.
Je suis invitée à corriger quelques petites choses (adresses françaises à écrire en katakana par exemple) et puis ils m’annoncent que ma demande est officiellement acceptée. 

Ils me font signer deux papiers, un certifiant que je m’engage à être une bonne citoyenne, l’autre comme quoi je m’engage à renoncer à ma nationalité française. 

La prochaine étape est un entretien. On me dit si ils m’appelleront dans environ 6 mois pour fixer une date. Il n’y a plus qu’à patienter.

L’entretien final (août 2023)

À la fin du mois de juillet, je reçois un coup de fil du bureau des affaires juridiques de Fukuoka m’informant qu’ils ont terminé de vérifier mes documents et que toutes les conditions sont réunies pour l’entretien final. 

Mon référent a changé et c’est maintenant une dame. Très sympathique, elle me propose de convenir d’une date avec mon mari (qui passera aussi un entretien) puis de la rappeler. Nous nous décidons pour le 31 août. 
Entre temps j’ai trois autres documents à me procurer : nos deux certificats d’impôts pour l’année en cours et un bulletin de salaire, ayant repris mon travail après un congé parental.

Le jour de l’entretien arrive.
Mon mari est appelé en premier et il ressort au bout de 5 minutes. Apparment on lui a demandé des petites choses sur notre couple et notre famille et ce qu’il pensait de ma demande de nationalité.
Je suis ensuite conviée à entrer dans le bureau et le véritable entretien démarre.
C’est ma référente qui est en face de moi. Elle vérifie mes documents un à un tout en me posant des questions sur eux. L’ambiance est bon enfant et on rigole beaucoup. Le temps passe vite mais au final je ne serais restée que 30 minutes. Mon dossier est bon, clair, peu volumineux et il n’y a pas besoin de me faire passer de test de japonais. 
A la fin, ma référente me dit qu’elle m’appelera quand elle aura des nouvelles du ministère de la justice japonais. Elle doit désormais leur envoyer mon dossier et attendre d’avoir un premier retour.

La suite au prochain épisode…

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Béné no Fukuoka ! clap de fin
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15 Comments

  1. Bonjour Bénédicte, merci pour cet article vraiment très intéressant. Tu sais pourquoi il a fallu que tu dessines
    ces deux cartes (une pour les alentours de chez toi, une pour les alentours de ton travail) ? Ça leur sert à quoi pour obtenir la nationalité japonaise ?
    J’ai hâte de découvrir ton second article

  2. Toutes ces démarches… Décidément, quelque soit le pays, l’administration sera toujours compliquée (T_T) !

    (J’en profite pour vous glisser un grand merci pour tous vos articles passionnants, que ce soit ici ou sur votre compte Instagram : je ne connais votre site que depuis peu, mais chaque lecture a été un pour plaisir (j’y allais pour de détendre, c’est pour dire (^^;) !) !! Au plaisir de vous lire prochainement !!)

  3. Bonjour Benedicte,
    le parcourt a l’ai normale pour un pays qui se soucis de l’intégration (souvent difficile) a la culture Japonaise.
    par contre il est donc impossible d’avoir une bee-Nationalité ?
    il faut renoncer totalement a son ancienne nationalité ?
    Luciano

  4. Je suis intriguée, pourquoi le certificat de mariage de vos parents est exigé ? Que se passe-t-il si les parents ne sont pas mariés?

    Merci pour l’article !

  5. Bonjour
    J’ai découvert ton blog car nous étions a Fukuoka et je voulais des bonnes adresses. Puis j’ai fini par presque tout lire c’est super intéressant ! Je ne sais pas si tu as déjà expliqué pourquoi quelque part alors je pose la question: quand tu as fait l’article pour ton mariage tu as dit que jamais tu ne prendrais la nationalité japonaise pour ne pas perdre la française. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ? J’avoue quand j’ai lu que tu allais perdre la nationalité française j’ai eu un pincement au cœur. C’est bête car ça n’est pas mon histoire. Merci pour ta réponse

    • Bonjour, merci pour ton message. Il y a de multiples raisons que je n’évoquerais pas ici car c’est personnel. Néanmoins une d’elle est que je suis fille unique et que pour faire venir mes parents ici quand ils seront âgés / plus autonomes c’est plus simple d’avoir la nationalité. Le fait d’avoir des enfants m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses sur ma vie ici.
      Devoir renoncer à la nationalité française est effet dommage mais c’est la règle.

  6. Waou! Quel engagement! Bravo, le Japon pourra être fier d’avoir une citoyenne comme toi! Je viens d’être naturalisée Suisse, on a un examen de langue et d’histoire et culture Suisse mais la paperasserie est plus simple… je comprends tellement tes raisons ! En Suisse on peut garder sa nationalité d’origine mais ça ne m’aurait pas dérangé de renoncer a la française. Ça fait si longtemps que j’ai quitté la France ( depuis 30 ans) que je me sens plus trop Française. Impatiente de lire la suite!

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