Mon séjour dans une maternité japonaise

Mon séjour dans une maternité japonaise

Je reprends la plume après deux mois d’absence. Durant cette pause j’ai totalement changé le design du blog et l’ai transformé en un portail mi-guide de voyage mi-blog, chose que je voulais faire depuis des années. J’espère que cette nouvelle identité graphique vous plaît. Mon petit garçon qui grandit (presque 7 mois déjà !) me prend aussi beaucoup de temps et je suis souvent trop fatiguée le soir pour me mettre sur l’ordi. Il rentre à la crèche dans quelques jours et ayant du temps pour moi avant de retourner au travail, je reprends le chemin du blog avec un article hebdomadaire (tous les mercredis). 

Trêve de bavardages, venons-en au sujet du jour à savoir mon séjour à la maternité. Cet article vient clore la série sur ma grossesse / accouchement. 
Avant toute chose, il faut que je vous dise que j’ai finalement décidé de ne pas révéler publiquement le nom de ma maternité. C’est ma bulle de douceur et je tiens à la garder pour moi. Par contre, comme je le disais dans mon premier article grossesse, je serais ravie de la recommander à des françaises/francophones à Fukuoka. N’hésitez pas à me contacter.

Les locaux

Une maternité japonaise

Ma maternité est un immeuble de trois étages située dans un quartier résidentiel calme.  
▪︎ Au rez-de-chaussée on trouve la salle d’attente, les salles d’examen, une garderie et un jardin (hélas inaccessible).
▪︎Au premier étage il y a les deux salles d’accouchement, une chambre en tatamis, une salle de réunion, la pouponnière, une salle de douche, la salle d’allaitement et le bureau des infirmières.
▪︎Au deuxième étage il n’y a que des chambres, des toilettes et une salle de douche.
▪︎ Au troisième étage il y a quelques chambres, une terrasse / cafétéria, une salle de massage et les espaces de repos du personnel.

Ma chambre

Ma chambre à la maternité, Fukuoka, Japon
Ma chambre à la maternité

Ma maternité propose 5 types de chambres, toutes individuelles, sauf la dernière catégorie (la moins cher) qui est une chambre de deux personnes. J’y ai séjourné pour mon IMG et les deux espaces étant séparés par des murs ce la fait comme une chambre individuelle.
On choisit sa chambre à son arrivée à la maternité et j’avais donné comme choix soit la chambre de deux, soit la chambre individuelle la moins chère. C’est dans celle dernière que j’ai finalement été.

Située au 4ème et dernier étage, ma chambre était douillette et je m’y suis sentie bien. Elle était plutôt vaste et était composée d’un lit, une table de nuit, une télévision dotée d’un lecteur DVD, d’une lampe de chevet, une table avec une chaise, un placard, des cintres et corbeilles de rangement, un mini-frigo, une bouilloire, un purificateur d’air, un lavabo et des toilettes. J’avais aussi des mouchoirs en papier, des chaussons, des gobelets en papier et toutes les fournitures qu’on trouve dans les hôtels (brosse à dents, dentifrice, brosse à cheveux, etc).
À noter que dans la salle de douche on trouvait du gel douche, du shampoing et un démêlant, un sèche-cheveux et des serviettes. Sachant que les affaires de bébé sont fournies par la maternité durant tout le séjour je n’ai pas eu besoin d’amener grand-chose.

Pour voir le contenu de ma valise de maternité rendez-vous sur Instagram dans les storys épinglées sur mon profil (catégorie « maternité »).

La pouponnière

Pouponnière dans une maternité japonaise
La pouponnière

N’y étant pas admise à cause du covid et n’ayant pas eu besoin d’y faire garder Sei, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de m’y intéresser mais l’espace devant, en rotonde avec des sièges incitait à s’y assoir pour observer les nourrissons.
Juste à côté il y avait la salle d’allaitement où je donnais le biberon à Sei. Je n’ai hélas pas pris de photos (comme toute bonne maman j’étais concentrée sur mon bébé et de toute façon j’avais les deux mains prises haha) mais elle était super mignonne avec ses murs roses, ses gros coussins et ses rideaux à dentelle. Par contre elle n’était pas très grande, on ne pouvait y tenir qu’à 4 patientes maximum.

La terrasse

La terrasse de ma maternité à Fukuoka

La terrasse est en fait une véranda au dernier étage de la maternité où on trouve plusieurs tables et chaises ainsi que des distributeurs de boissons et de matériel post-accouchement (en cas de besoin. Normalement ouverte aux patientes en consultations, elle était réservée aux accouchées à cause du covid. De ce fait il n’y avait jamais personne et j’aimais bien y passer du temps avec Sei dans les bras tout en buvant un chocolat chaud.

Lors de mon séjour je me suis aussi fait deux amies : la femme qui a accouché le même jour que moi avec qui j’ai sympathisé et une autre, qui me suivait sur Instagram et qui était dans la chambre à côté de la mienne. Nous nous retrouvions souvent sur cette terrasse pour discuter.

La vie à la maternité

Les repas

Repas dans une maternité japonaise
Repas dans une maternité japonaise

Les repas des maternités japonaises sont réputés comme étant somptueux et la mienne ne faisait pas exception. Non contents d’être copieux, ils étaient délicieux, variés et joliment présentés. Je pense que les photos parlent d’elles-même.

Pendant mon séjour j’ai eu le droit à deux repas spéciaux :
– le repas de fête le lendemain de l’accouchement qui consistait en un repas japonais haut de gamme avec entre autres des sashimis !
– le menu français (le directeur de la maternité adore la France) que j’aurais normalement dû manger sur la terrasse avec les autres femmes mais corona oblige ils nous a été servis dans notre chambre. 

Nous avions aussi un goûter servi vers 15h et le lendemain de mon accouchement j’ai reçu un petit gâteau d’une célèbre pâtisserie de Fukuoka avec un mot de félicitations de l’équipe. Cette petite attention, parmi tant d’autres, m’a beaucoup touchée.

Le petit-déjeuner dans une maternité japonaise
Le petit-déjeuner
Le goûter dans une maternité japonaise
Le goûter

La vie avec bébé

La vie avec bébé à la maternité au Japon

La règle de ma maternité veut que le bébé soit veillé par les infirmières le jour de sa naissance et la première nuit pour que la jeune maman récupère suffisamment, puis on fait chambre commune pour le reste du séjour.
Il est possible de le faire garder à la pouponnière à tout moment mais je ne l’ai pas fait une seule fois . Sei dormait tout le temps et ne pleurait jamais donc cela n’a pas été trop difficile. D’ailleurs je Je n’ai pas souffert de ce nouveau rythme. La nuit je mettais mon réveil 10 minutes avant l’heure du biberon et je me rendormais aussitôt revenue dans la chambre vu que je n’avais pas à se faire rendormir Sei qui ne se réveillait même pas pour manger.

Les repas de bébé

Le Japon est un pays très pro-allaitement mais lorsque j’ai fait part de mon souhait de ne pas allaiter, il n’y a eu aucun soucis et j’ai tout de suite reçu des médicaments pour stopper ma montée de lait.

Je descendais à la pouponnière toutes les trois heures pour donner le biberon. Il prenait 10ml le premier jour puis on augmentait la dose par tranches de 10ml tous les jours.

L'hygiène de bébé

Les sages-femmes donnaient le bain à Sei tous les matins dans la pouponnière.  Avec le virus, les patientes n’y étaient pas admises et donc on ne nous a pas entraîné à donner le bain (normalement on fait quelques fois avec les sages-femmes). A la place j’ai reçu un DVD à regarder dans la chambre mais tout étant déjà bien expliqué sur le fascicule de sortie de maternité, je ne l’ai pas regardé.

Les visites

Le lit de bébé dans ma maternité japonaise

Corona oblige, toutes les visites, y compris celles du papa étaient strictement interdites. J’ai donc passé mon séjour seule mais cela ne m’a pas pesé et je ne me suis pas sentie abandonnée. Entre la découverte de mon bébé, les repas, les biberons toutes les 3 heures, les couches, le passage des sages-femmes et le reste, j’étais bien occupée. Pendant mes « temps libres », j’aimais flâner sur la terrasse avec mon bébé, téléphoner en visio à Kiyo, aller sur Instagram, etc.

 

Le personnel médical

Si je devais qualifier le personnel médical de la maternité) avec 5 mots ça serait : gentillesse, bienveillance, discrétion, efficacité, écoute.

Médecins et sages-femmes (surtout ces dernières car on ne voit les médecins que pendant et après l’accouchement puis lors de deux visites médicales) étaient aux petits soins pour les patientes, pleines de petites attentions et de bons conseils, tout en restant discrets. J’ai rarement eu une visite impromptue dans ma chambre : on m’appelait toujours via le « nurse call » (comment ça se dit en français ?) pour expliquer la raison de la visite et savoir j’étais disponible pour  recevoir.
Petite maternité oblige (il y a moins de 20 chambres), le personnel connaissaient le nom et le dossier de toutes les patientes sur le bout des doigts, même de celles avec lesquelles il n’avait jamais eu à faire (je pensais que c’était peut-être une exception car j’étais la seule étrangère et que j’avais un passé pas joyeux dans l’établissement mais non, c’était la même chose pour mes amies). 

Mon séjour

Bébé franco-japonais dans une maternité japonaise

Le séjour dans ma maternité dure 6 jours pour un premier bébé et 5 pour un second.
Voici comment s’est passé mon séjour dans les grandes lignes.

Jour 0

Ayant accouché à 9h10, je suis retournée dans ma chambre vers 13h. J’ai dégusté un repas léger (deux onigiri et une soupe) et j’ai passé l’après-midi à somnoler entre deux passages des sages-femmes. Me sentant fiévreuse et n’ayant pas d’appétit, je n’ai quasiment pas touché à mon repas du soir. J’ai eu l’autorisation de me lever vers 20h mais j’avais uniquement le droit de marcher dans ma chambre. De toute façon je n’aurais pas pu aller bien loin avec les douleurs post-accouchement. 

Jour 1

Le lendemain matin j’étais en pleine forme et je n’avais qu’une envie : marcher. On m’a appelé vers 10h pour venir chercher Sei qui allait passer le restant du séjour dans ma chambre. Ma démarche en canard et moi sommes allés le récupérer. Gros moment d’appréhension concernant le changement de couche que je n’avais jamais fait de ma vie. La sage-femme me montre une fois puis c’est à moi de gérer. Les premières fois furent laborieuses mais on s’y fait très vite. Ce jour-là j’ai eu droit à un long massage des pieds et des jambes avec une esthéticienne, un délicieux repas et un goûter spécial pour fêter la naissance de bébé. 

Jour 2

Mis à part les réveils toutes les trois heures pour le biberon, ce qui ne m’a pas fatiguée contrairement à ce que j’aurais imaginé, j’ai très bien dormi. Les cicatrices de mon épisiotomie me font beaucoup moins souffrir et je n’ai déjà presque plus besoin du coussin-bouée pour m’assoir ce qui étonne le personnel soignant.
Avec les autres jeunes mamans on a une conférence sur la façon de s’occuper de bébé, le post-partum et tout ce qu’on doit savoir une fois chez nous. Je rencontre sur la terrasse une abonnée Instagram qui a accouché un jour après mois et qui est dans la chambre à côté de la mienne.

Jour 3

Je n’avais rien de prévu aujourd’hui mais Sei avait son examen médical. Je ne sais pas trop ce qu’ils ont vérifié, mis à part l’ouïe mais tout va bien. J’ai passé le reste ma journée avec Sei sur la terrasse, rejointe parfois par la maman de la chambre d’à côté. Je n’ai presque plus de douleurs et peux désormais ré-emprunter les escaliers sans grimacer ce qui provoque une nouvelle. Autrement, un typhon se profilant, je décide, avec une autre maman devant sortir le même jour, d’avancer ma sortie au lendemain.

Jour 4

À mon grand regret, car même si je suis impatiente de retrouver Kiyo, j’aurais aimé rester une journée de plus, je sors aujourd’hui. Le matin je sors de mon sac les petits vêtements de Sei, 10 fois trop grands mais les sages-femmes ont réussi à en faire quelque chose de correct. Pour ma part j’ai mon examen de sortie et tout va bien : j’ai le feu vert du médecin.
De retour dans ma chambre, on vient nous filmer et nous prendre en photo pour alimenter le DVD qui nous sera remis lors de la visite des 1 mois.
Je prends mon dernier déjeuner à la maternité puis Kiyo vient me chercher. C’est avec émotion que je dis au revoir à tout le staff même si mon cher médecin et mes sages-femmes préférées ne sont pas présents.

Vêtements de sortie de maternité au Japon

Je pense qu’il est superflu de dire ô combien j’ai aimé mon séjour dans la maternité.
J‘en garde un excellent souvenir, au point d’avoir été réellement  triste de devoir sortir un jour plus tôt, et n’y trouve aucun point négatif si ce n’est l’absence de Kiyo et les visites interdites. Sept mois après je ressens toujours un grand vide de ne plus devoir y aller et ça me serre le coeur de ne pas pouvoir y entrer lorsque je passe devant (je l’aurais fait si il n’y avait pas ce satané virus). 
Un petit deuxième n’est pas à l’ordre du jour mais le moment venu je sais où je ferais suivre ma grossesse. Merci du fond du coeur ma chère maternité.

À la recherche du sanctuaire Totoro de Fukuoka
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16 Comments

    • Cette maternité avait l’air vraiment chouette ! Au delà de l’aspect esthétique du lieu (digne d’un hôtel !), c’est vraiment chouette de voir que l’équipe prend le temps d’un suivi personnalisé, les bons repas sont aussi une attention très appréciable en post partum !
      Ça me donnerait presque envie d’y passer un séjour alors que de mon côté je suis rentrée chez moi quelques heures après mon accouchement 🙂

      Je profite aussi de ce commentaire pour te remercier pour la qualité de ton contenu ici et sur Instagram. Je ne rêve pas particulièrement de vivre au Japon mais tes contenus m’apportent quotidiennement une dose d’évasion et de découverte dont on a tant besoin actuellement avec ce confinement en France.

      Merci encore pour tout ce travail ! (et ce commentaire sur l’allaitement est hallucinant, laissez les mamans et plus largement les parents tranquilles avec leur choix !!!)

  1. Une chance d’avoir accouché dans ces conditions et dans un tel cadre. Quand je compare à la naissance de mon fils dans une clinique privée du XVII ème en 1974….En chambre individuelle, les bébés étaient laissés la nuit dans la chambre….et quand ils prenaient le jour pour la nuit , pas moyen de dormir et de récupérer. Stigmatisation si on n’allaitait pas…Bébés « langés » en pleine canicule….je n’ai découvert ses jambes que la veille du départ de la maternité. A l’époque une semaine à la clinique même si tout s’était bien passé…

  2. Interessant, mais pourquoi ne pas allaiter.Je sais que c est important aussi pour l imunite du bebe que pour la liaison maman-enfant. Je comprends que c est un choix et je me demande si ca a avoir avec l esthetique des seins…

    • C’est une blague ce commentaire ? Je trouve cette présomption assez culottée, en plus d’être totalement fausse. Et puis, quand bien même ça serait la raison, allaiter ou non un choix personnel et personne n’a à se justifier dessus.
      Pour info, mon bébé n’a pas été une seule fois malade (et l’immunité reçue s’il avait été allaité est terminée depuis quelques semaines) et le lien mère-enfant est comme celui des mères qui allaitent, merci de t’en soucier.

  3. Merci pour avoir partagé ton expérience.
    Je n’aurai à la vivre mais c’est tout de même très intéressant.
    Bon courage et santé à vous trois ‍‍

  4. Wahou le rêve! J’ai eu tout l’inverse… Quelle différence aussi d’être prévenue avant plutôt que quelqu’un débarque dans la chambre de but en blanc.

  5. Super article et ta maternité fait rêver! Pour l’épisiotomie j’en ai eu 2 a 2 ans d’intervalle et hormis un inconfort assez important les 2 premiers jours ça s’est vite dissipé.

  6. Bonjour Béné,
    c’est intéressant de voir une autre façon d’aborder la maternité (lieu,accouchement,repas, ect) qu’ici en France ou en Europe.
    le cadre est vraiment sympas ça fait très cosi les repas ferais pâlir un restaurant ici…
    merci de se partage d’expérience pas banal a raconter.
    bonne continuation bises au bébé.

    • Lorsque je lis la qualité de la prestation je ne suis pas étonnée que quitter la maternité est un crève coeur. Tout est fait pour le confort de la mère et du bébé. Les menus de tes repas m’ont fait rêver!

      Un grand merci pour le partage de ton expérience sur la grossesse et l’accouchement au Japon.

  7. Merci pour ce bel article
    pour la la clinique on se croirait dans un épisode de Candy ou Sissi impératrice 😀
    prenez soin de vous 3 !!!

  8. Très chouette fin pour « l’arc narratif » de ta grossesse et de ton accouchement ! A voir la décoration de la maternité, je ne suis pas surprise de savoir que le directeur est fan de la France (j’aime le petit côté rococo qui se dégage de certaines photos). Et les repas ont l’air tellement délicieux !
    Ce lieu semble parfait pour être choyée juste après l’arrivée d’un enfant (et Dieu sait que c’est un poil bouleversant).
    Je suis impatiente de lire tes prochains articles !

  9. Félicitations pour l’accouchement.
    Une question, le mari n’est pas présent durant le séjour, était-ce dû au coronavirus ou au fonctionnement de la maternité? Je trouve un peu dommage que le père soit « éloigné » de cet événement et de l’accueil de l’enfant ainsi que ses premiers jours.

  10. Quelle jolie expérience, et quel beau petit. Merci pour ce partage d’expérience, qui peut rassurer les jeunes femmes qui te lisent.
    Je ne veux pas comparer les systèmes qui ont sans doute leurs avantages et leurs inconvénients, mais au niveau de la restauration le Japon paraît l’emporter haut la main sur les cliniques de notre hexagone. Si des administrateurs locaux passent par ton blog, on espère qu’ils y piocheront quelques idées.

  11. Je suis ravie que tu gardes de cette maternité un si bon souvenir. Sinon, j’adore vraiment la nouvelle esthétique de ton blog.

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