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Ma rencontre avec le maire de Fukuoka

Séance de discussion avec le maire Takashima Sôichirô pour le journal de la ville de Fukuoka

Au début du mois de décembre j’ai reçu un coup de fil de la mairie de Fukuoka me proposant un entretien avec le maire pour un article dans le journal de la ville. Le Fukuoka-shi shisei dayori (福岡市政だより) paraît tous les mois aux alentours du 15 et est distribué dans les boîtes aux lettres de tous les habitants de la ville. Le décrire serait un peu difficile car il change beaucoup d’un mois à l’autre mais on y retrouve beaucoup d’informations sur ce qui se passe en ville avec en bonus la dernière page qui est différente selon l’arrondissement où on habite.

Chaque année dans le numéro du janvier de ce journal, le maire s’entretient avec diverses personnalités importantes locales (l’entraîneur de l’équipe de baseball Softbanks Hawks par exemple) pour parler de la ville et des objectifs pour la nouvelle année. Pour 2019 il fut décidé que cette séance de discussion se ferait avec 3 jeunes citoyens dont moi ! La mairie voulait que je sois la représentante des étrangers de Fukuoka parce que “tu es quand même un peu le visage de l’intégration réussie” m’ont-ils dit.

Ne faisant plus rien au niveau local depuis quelques mois j’ai été un peu embarrassée et surprise de cette proposition mais je me suis empressée d’accepter car j’adore notre maire (Takashima Sôichirô, il fait de très bonnes choses pour la ville) et que l’envie de redevenir un peu plus présente localement me titillait depuis quelques semaines. La directrice du cabinet est venue à mon travail pour m’expliquer plus en détail comment ça allait se passer, la date de la rencontre et parler de la tenue.

Apparemment mon projet Fukuoka Kimono Walk a toujours un fort impact car elle souhaitait que je sois habillée en kimono pour l’occasion. Je lui ai parlé de Mayu no Kai, le magasin où je loue mes kimonos à chaque fois et il fut convenu que je prendrais contact avec eux pour décider du kimono mais que la mairie se chargerait des frais. Finalement, nouvel an oblige,  nous avons tous été invités à venir en kimono. Le maire porterait évidemment sa propre tenue mais les deux autres personnes (dont je ne savais rien) iraient également chez Mayu no Kai.

Je suis allée à la boutique quelques jours avant le jour-j pour essayer plusieurs modèles, le choix final revenant à la mairie.
Le gérant de la boutique qui me connaît était là, tout excité à l’idée que je me retrouve dans le journal. Comme je suis désormais mariée et que je n’ai plus le droit aux furisode, kimono à longues manches, il me fallait donc piocher dans les kimonos de location “classiques”. J’en ai sélectionné quelques-uns qui faisaient “nouvel an” : pas trop tape à l’oeil mais quand même un peu colorés, sur les conseils avisés du staff. Alors que j’étais en plein essayage, le gérant a débarqué les yeux brillants avec une boîte qui contenait un superbe kimono rose pâle et un obi pastel assorti, tous deux brodés dans un style propre à Fukuoka : Hakata-ori (博多織). Comme le journal de la ville est très lu par les habitants de Fukuoka et qu’il savait que ma tenue serait scrutée, il pensait qu’il serait idéal pour l’occasion et que ça serait apprécié (il faut savoir que les pièces Hakata-ori sont très chères car brodées à la main, pouvoir en porter est une chance rare).

Je n’avais encore jamais porté de kimono iromuji (色無地, un kimono monochrome dépourvu de motifs) et j’étais un peu sceptique d’adopter un look plus “adulte” mais dès que je l’ai enfilé ça a été une révélation. J’aime en particulier l’obi dont les motifs sont vraiment représentatifs de Hakata-ori. Je suis repartie de la boutique en espérant vraiment que ce soit cette tenue qui soit choisie et ça a été le cas.

Voici ce que ça donne.

Le jour-J je suis arrivée à 9h à la boutique pour me faire habiller et coiffer. C’est ce moment-là que j’ai découvert ma tenue. Pour la coiffure, j’avais demandé à ce qu’on me garde la frange car je déteste quand elle est relevée mais la coiffeuse a relevé le reste sans me garder des mèches sut le côté. J’ai trouvé que ça ne m’allait pas du tout et que je ressemblais à Tetsuko Kuroyanagi… 
J’ai aussi rencontré les deux personnes qui allaient faire cette séance de discussion avec moi puis nous sommes tous partis à la mairie en taxi. Arrivés à l’étage du bureau du maire on nous a guidé dans une salle puis on nous a expliqué le déroulement de l’entretien en attendant que le maire finisse de se préparer. Puis il a fait son entrée dans la salle, nous a salués et nous avons commencé par prendre la photo de couverture. Il y avait un monde fou entre les 2 photographes, la journaliste qui allait retranscrire nos paroles, les deux stylistes de kimono, la personne de chez Mayu no Kai et tout le cabinet du maire. N’aimant pas trop être observée par plein de monde j’étais assez mal à l’aise, d’ailleurs la chef du cabinet a plaisanté à ce sujet, me disant que c’était la première fois qu’elle me voyait aussi crispée.

Une fois que le photographe a eu les prises qu’il voulait nous nous sommes installés dans les fauteuils pour l’entretien. Voici les sujets que nous avons abordés : 

– une courte présentation;
– notre ressenti général à propos de Fukuoka;
– quel genre de ville voudrait-on que Fukuoka devienne;
– les points à corriger;
– notre endroit préféré à Fukuoka;
– quels sont nos objectifs pour 2019;

Au fur et à mesure de la discussion je me suis détendue même si le fait d’être assis tous les 4 côte à côte compliquait un peu la chose (mais il fallait rester comme ça pour les photos). Le maire a géré ça comme un chef (c’est un ancien présentateur télé, il a l’habitude), c’était formel tout en restant bon enfant. 

J’ai passé un très bon moment à aborder divers aspects de Fukuoka et écouter les récits des autres était enrichissant.

Séance de discussion avec le maire Takashima Sôichirô pour le journal de la ville de Fukuoka
Séance de discussion avec Takashima Sôichirô, le maire de Fukuoka


Pour ceux qui lisent le japonais l’entretien est à retrouver dans le journal de la ville de janvier 2019. Voici le lien pour voir le PDF.

Le journal de la ville de Fukuoka
Le journal de Fukuoka - janvier 2019
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18 comments

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    Je trouve ça vraiment extra que le maire fassent venir 3 jeunes citoyens pour parler de l’avenir de fukuoka et en plus une personne d’origine étrangère ! Bravo à toi !

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      Nous sommes fiers de toi. Quelle belle réussite! Félicitations m”madame” la mariée. Tu nous apprends plein de choses sur les coutumes de Fukuoka et du Japon. Bonne suite à toi. Nous t’embrassons affectueusement. Très beau kimono ‘!

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    Bravoooooooooooooo, juste retour de ton implication et ta persévérance à faire découvrir Fukuoka et cette partie du Japon qui n’est pas souvent dans les brochures touristiques.;-)

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    C’est vraiment sympa comme expérience et quelle chance pour toi d’avoir pu porter ce beau kimono !

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    Tu es trop génial Béné j’adore ce que tu fais, ta simplicité et ton regard sur les choses. Tes articles sont des petites gouttes d’eau Fraîche dans le quotidien!

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    Pourquoi une femme mariée ne peut plus mettre de furisode ?

    C’est vrai que la coiffure ça fait un peu Tetsuko Kuroyanagi x’)

    1. Béné

      Parce que les longues manches sont réservées aux femmes célibataires. Je n’en sais pas plus hélas.

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    Personnellement je te préfère dans un kimono plus coloré, je trouve celui ci un peu pâlot…
    Il va falloir que tu nous expliques qui est cette Tetsuko Kuroyanagi :o)

    Omedetou pour ton mariage! Je crois comprendre que c’est officiel maintenant ! Plein de bonheur!!! (J’ai hâte que tu nous fasses un prochain article “mariage” =) )

    1. Béné

      C’est une animatrice / écrivain / actrice très respectée. Si tu as l’occasion de tomber sur son livre “Totto-chan” je te le conseille fortement (il a été traduit en français).

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    C’est génial que tu ai eu cette chance !
    Je trouve que cela te va bien également les kimono plus sobres, puis je suis sûre que le obi doit être une pure merveille vu en vrai et que cela fait vite oublié le côté très simple.
    Bravo Béné tu le mérites tellement !

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    Ce doit être une sacrée expérience à vivre, merci de la partager ici.
    Le kimono est superbe, et le obi encore plus ! Ça me rappelle ce que j’ai pu voir au Hakata Machiya Folk Museum (et ces fameux métiers à tisser).
    Petite question : les hommes doivent garder un haori même en intérieur ? Ça fait plus “formel” ? Et une femme peut-elle en faire de même ?

    1. Béné

      Exact ! Il y a des pièces semblables exposées au Hakata Machiya Folk Museum 🙂

      Concernant ta question j’avoue que je ne sais pas du tout. C’est vrai que tous les deux portent des haori.

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    La photo où les hommes lèvent le point et ou les femmes se tiennent les mains sagments… Hum hum…

    Sinon ça doit être une chouette expérience ! Tu est vraiment influente, clairement si tu avais besoin une preuve de ton intégration tu l’as maintenant.

    Concernant la tenue j’avoue que je ne suis pas fan. J’aime beaucoup les kimonos unis ou sobre, mais là ce rose… Enfin, si c’est une pièce si extraordinaire certainement que ça valait le coup ! Tu était très jolie quoi qu’il en soit (tu l’es toujours d’ailleurs ^^).

    Je pensais que les furisode n’était “autorisé” qu’à l’occasion bien spécifique de la cérémonie des 20 ans et son mariage ? Enfait on peut les porter tant qu’on est pas mariée ? Je suis perdue. C’est compliqué les kimono aha.

    1. Béné

      Merci de ton commentaire.
      La poing levé est la pose fétiche du maire de Fukuoka et si nous avions été en habits normaux nous l’aurions aussi faite mais en kimono ce n’est pas joli de dévoiler ses bras.

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    C’est une super initiative cette rencontre 🙂 J’aime beaucoup ce kimono, il a l’air superbe en effet et il te va bien! Je vais aller lire l’entretien (ou plutôt, demander à mon mari de me le traduire ^^’)

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    Je suis bien d’accord avec la mairie qui dit que ““tu es quand même un peu le visage de l’intégration réussie” ; je te l’ai déjà écrit dans un des mes commentaires. C’est top de te voir intégrer à la communauté ; ça change des articles négatifs sur l’expatriation.
    Que font les 2 autres personnes ? Désolée je ne lis pas le japonais…
    Concernant ta tenue, ça fait bizarre de te voir dans un kimono sans motifs. Même s’il est très joli, j’ai une préférence pour les couleurs et les motifs. Après le mariage, peut-on porter des kimonos colorés quand même ? En tout cas, le gérant t’a fait un beau cadeau en te laissant porter ce joli obi.
    Merci le récit de cette expérience.

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    La prochaine fois, sois plus exigeante avec les coiffeurs 😉 “Je VEUX” des mèches sur les côtés Onégai shimasu! Le maire de Fukuoka, c’est celui avec le kimono bleu?? Wohoo, plutôt pas mal ! En tout cas félicitations 🙂

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